" Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ;
mais tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal,
car le jour où tu en mangeras, tu mourras. "
On m'a inculpé les notions essentielles de la vie très tôt. J'ai, de très bonne heure, su que la vie n'était vraiment pas ce qu'elle voulait laisser croire. Ou plutôt, ce qu'on voulait me faire croire. L'enfance, c'est magique, c'est l'insouciance, la méconnaissance, la naïveté. Tout ça, ça m'a été enlevé si tôt...
Oh bien sur, je ne suis pas là pour me plaindre. J'ai arrêté il y a bien longtemps, à quoi bon, ça ne m'apporte rien. Mais après tout, ici tout m'est permis...
Je dirais donc que tout a été cruellement injuste. Pour moi, même si je garde la tête froide et suis parfaitement consciente de ne pas être la plus à plaindre, loin de là. Pour beaucoup d'entre vous, que j'ai connu il y a plus ou moins longtemps. Pour d'autres, avant moi, avant nous...
La cruauté de cette réalité me donne la nausée.
Et on dit qu'il y a, dans tout ça, quelqu'un pour, une fois le calvaire terminé,
nous acceuillir pour une éternité de bonheur ?
Laissez moi vous dire que si je vois un barbu en robe blanche à ma mort, je lui cracherai à la gueule,
sans oublier de lui dire à quel point il a très mal fait son boulot.
Je sens que je me suis petit à petit, à force d'accumulation et de silence, doté d'une haine inavouable pour ce culte voué. Je regarde par dessus mon épaule et constate qu'avant, j'étais capable d'y croire. Qu'avant, j'y arrivais encore. Mais à présent... C'est terminé. J'ai changé. Le monde change. Et, croyez moi, pas dans le bon sens. Estimons nous heureux d'être à notre époque, car demain sera bien différent...
La connaissance du bien et du mal... ? Cachons le, oui.
Ça fait plus mal quand ça explose à la gueule au moment où on s'y attend le moins.